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Exposition personnelle

Galerie DX  (Bordeaux – France)

01/02 – 10/03/2018

Communiqué de presse

Voir l’exposition sur Flickr

All : tout, toute, toutes, tous
One : un, une
Alone : seul(s), seule(s)

Cette nouvelle exposition à la galerie D.X s’appuie sur les questions du tout et de l’unique ou de la solitude de l’individu au sein du groupe. Elle propose un mélange d’images inédites et de pochoirs plus anciens. Toutes les œuvres présentées sont récentes.

Le paradoxe de la solitude dans cette société ultra connectée m’interroge. L’illusion de partage qu’offre le groupe nous aveugle souvent et éclipse les vraies questions.

De selfies en tweets, de réseaux sociaux en sites de rencontres, la peur de l’isolement croise le narcissisme et l’angoisse de la solitude génère égocentrisme et culte de soi.
S’agit-il de cultiver nos différences pour combattre l’indifférence ou de nous fondre dans la masse, dans le cocon sécurisant de la « communauté » ? De nos liens ne faisons-nous pas des chaînes et dans la soi-disant proximité ne cherchons-nous pas une certaine contagion émotionnelle ?

J’ai souvent évoqué dans mon travail cette idée du sujet dans la masse, de la solitude dans la foule, de l’unité et de la singularité. Bien entendu, il s’agit, à chaque fois, de s’interroger sur l’humanité.

Actions « citoyennes », « solidaires », « caritatives » et « humanitaires » se veulent être des réponses à l’impérieuse urgence dudevoir d’humanité. Au creux des replis identitaires et communautaires, certains se réfugient – réflexe de survie – et se trouvent une façon de résister pour exister, s’oubliant au profit du groupe, y perdant leur indépendance et leur libre-arbitre. Pression de la communauté, dépression de l’individu…
Peut-être faut-il éviter de confondre « être seul » et « se sentir seul », car si l’isolement est terrible et parfois fatal, la solitude ne peut-elle pas vivifier, nous permettre d’accéder à notre vie intérieure et à une meilleure connaissance de nous-même ?
Pour Claude Levi-Strauss, « le plus pénible est l’absence totale de solitude » et pour Christian Bobin, « l’œuvre est achevée quand l’artiste est, devant elle, rendu à sa solitude complète ».

Les foules m’ont toujours fasciné. Je suis étourdi par l’idée de cette fourmilière humaine qui grouille sur la planète, grossissant à vue d’œil depuis l’aube de l’humanité.

Il y a un grand mystère dans le fait de croiser chaque jour des dizaines ou centaines ou milliers d’êtres que l’on n’a jamais vus et que l’on ne reverra jamais et, encore davantage, dans le fait de reconnaître quelqu’un parmi tous ces gens.
La foule me ramène à ma fragilité, à mes doutes, à mon statut d’individu, au fait de n’être qu’une branche minuscule et éphémère issue de ce gigantesque tronc commun aux racines profondes et lointaines.

J’avais adoré, en 1976, la chanson d’Higelin :
J’suis qu’un grain de poussière
Un grain de poussière
Qui erre à la lisière
De l’enfer et du ciel
Un ange gardien du néant
Un grain de poussière
Infiniment petit ou grand
Je rêve que nous soyons des grains de poussière d’étoiles, contre l’obscurantisme…

Jef Aérosol

10 place des Quinconces 33000 Bordeaux
tél : 05 56 23 35 20 / 06 26 34 63 14
web : www.galeriedx.com / e-mail : galeriedx33@gmail.com mercredi – jeudi – vendredi : 15h 18h / samedi : 14h-19h
lundi – mardi : sur RDV

 

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